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Bilan de fin de mandats de Jean-François Balaudé

Publié le 3 mars 2020 Mis à jour le 4 mars 2020

Alors que son deuxième mandat s'achève bientôt, Jean-François Balaudé revient sur ces deux mandats de président de l'Université Paris Nanterre.

Chères et chers collègues,

Ce message, le dernier que j'adresse à la communauté universitaire de Nanterre, vous parvient au terme de huit années, huit années de présidence à la tête de l'université.

Il vise d'abord à exprimer la gratitude que j'éprouve envers toutes celles et tous ceux avec qui j'ai travaillé avec le plus grand profit, qui se dévouent pour notre université et croient en elle, qui veulent la faire progresser en progressant eux-mêmes, et qui sont si remarquablement investis à leurs postes. C'est grâce à elles et à eux que nous avons pu réaliser avec mon équipe nombre des objectifs qui avaient été fixés en 2012 comme en 2016.

La liste est longue de celles et ceux que j'aurais à cet égard à remercier personnellement, depuis les personnels et les cadres des services et des composantes, jusqu'aux membres de la direction générale des services et de l'agence-comptable, de l'équipe présidentielle et du cabinet, évidemment essentiels et intimement associés à l'ensemble de l'action que j'ai coordonnée, et à qui je dois tant !

Nombre d'entre vous avez eu un investissement exceptionnel, vous faites au quotidien la démonstration de votre dévouement et de votre souci du service public, de votre talent, de votre conviction que l'université doit s'adapter et innover, en dépit des difficultés et des résistances qui ne manquent pas de se manifester.
Sans votre engagement, le projet que j'ai porté n'aurait pu se réaliser. Vous avez permis de largement surmonter les tentations du repli, la peur du changement, l'improductive nostalgie des temps anciens, qui habitent encore certaines et certains.
Pour reprendre le mot fameux d'Einstein : « La vie c'est comme une bicyclette. Pour garder l'équilibre, il faut avancer. » Vous êtes nombreux à être convaincus que l'on ne défend le service public, que l'on ne promeut l'université qu'en évoluant et en ouvrant de nouvelles voies en son sein,   en lien avec des partenaires extérieurs.

Avancer !
Plusieurs services ont été transformés ou créés, des partenariats institutionnels, académiques, territoriaux de grande qualité ont été noués. Une Fondation partenariale de l'université a également été créée.
Deux bâtiments, le Max Weber et le Bâtiment de la Formation Continue, ont été construits sur le campus de Nanterre, un troisième, celui de La contemporaine, est en construction avancée, ainsi qu'un quatrième à Ville-d'Avray (tranche 3). Le théâtre B.-M. Koltès a été entièrement rénové. Le Centre de Ressources et de Culture Numérique sera bientôt achevé au SCD. Deux nouveaux bâtiments ont toutes les chances d'être construits dans les années à venir, à Nanterre et à Saint-Cloud, dans le cadre du CPER, sous notre impulsion.

D'université isolée, nous sommes passés durant ces huit ans à la position d'université au cœur de réseaux valorisants et féconds, dont le potentiel de développement est très important : la ComUE Université Paris Lumières (2013) avec ses trois membres et ses seize associés, regroupement de référence dans le domaine de la culture, des arts et du patrimoine, des sciences de la société ; le Campus Condorcet (2018) appelé à concentrer, à travers ses onze membres, le plus grand ensemble de forces de recherche en SHS en France et même en Europe ; l'université européenne EDUC, constituée de six universités, lauréate de l'appel à projets de la Commission européenne, et dont nous avons été les initiateurs.
Et par ailleurs, tout en confortant nos liens historiques avec l'université Paris 1, nous avons récemment scellé un nouveau partenariat autour des études de santé avec l'université Paris-Saclay.

Avec une gestion prudentielle et beaucoup d'anticipation, nous sommes restés en bonne santé financière, et nous avons pu constamment poursuivre une politique de recrutement substantielle (incluant des créations de poste), de meilleure reconnaissance de l'engagement et de revalorisation qui n'a pas beaucoup d'équivalent (en matière de politique indemnitaire Biatss, de référentiel des charges pour fonction des enseignants et enseignants-chercheurs).

Tout n'a pas abouti, sans doute, tout n'a pas été parfait, certainement, tant en raison de freins structurels, réglementaires, financiers, que de freins internes aussi. Mais la trajectoire est bien dessinée, et elle a été jalonnée de façon très dense tout au long de ces deux mandats ; à l'équipe qui nous succèdera de la prolonger avec des inflexions nouvelles !

La fonction de président·e relève d'une forme de sacerdoce. Je le pressentais, et peux confirmer qu'elle implique, pour être habitée pleinement, un engagement de tous les instants, sans répit. Cela importe peu à ceux qui aiment à s'en prendre à la fonction et à celui ou celle qui l'endosse. Ces détracteurs ne font pourtant que grandir la mission du président, et renforcer la détermination de celui qui a la responsabilité de la communauté universitaire.
Ces huit ans de service ininterrompu ont été très prenants et intenses, et ils ne m'ont en tout cas jamais lassé ou découragé. Car nous avons précisément toujours tenu le cap, même aux moments les plus difficiles, mus par la claire vision de ce que nous voulions pour l'université, constamment relancés par des collaborations, des opportunités exaltantes, qui aidaient à relativiser les turbulences traversées, et soucieux de maintenir un niveau de formation satisfaisant pour nos étudiant·e·s, qui nous avaient fait confiance.
 
Cela a été pour moi un immense honneur de servir notre université à ce poste. Je n'aurais jamais imaginé, ce jour de septembre 1993 où j'ai fait mes premiers pas de maître de conférences à l'université Paris X – Nanterre, comme on la nommait alors, que j'en épouserais à ce point le destin. Je ne pensais pas alors savoir faire autre chose, de façon sérieuse, que mener des recherches et enseigner la philosophie...
Le poste de président
·e, les postes de vice-président·e, se sont beaucoup technicisés, les cadres de gestion de l'université se sont considérablement complexifiés en quelques décennies, mais il est capital que les enseignants et les enseignants-chercheurs continuent à les assumer, que les universités se modernisent et se transforment sous l'impulsion de président·e·s élu·e·s, appuyé·e·s par leur communauté. Celles et ceux qui surjouent à l'inverse l'opposition à toute transformation et à toute réforme ne font que fragiliser l'institution universitaire.

Le sens de mon engagement a reposé sur le pari que l'on ne défendrait jamais mieux l'université qu'en la faisant évoluer et en l'ouvrant à la société, dans le respect de ses valeurs fondatrices. Fort de cette conviction plus que jamais ancrée en moi, je souhaite un bel avenir à notre établissement et à sa communauté, et bonne chance à qui me succèdera.

Vive l'université, vive Nanterre !
Jean-François Balaudé

Mis à jour le 04 mars 2020