Mais au fait c'est quoi EDUC* ?

*European Digital UniverCity

Publié le 27 mars 2019 Mis à jour le 2 avril 2019

Vous l'avez peut-être vu récemment, l'Université Paris Nanterre a formé une alliance avec d'autres universités pour répondre à un gros appel à projet intitulé "Université européenne" : cette alliance s'appelle EDUC ! Nous sommes allés poser quelques questions à Sonia Lehman-Frisch, vice-présidente chargée de la politique internationale et directrice du service des relations internationales (SRI) et à Charlie Roullet, responsable du pôle ingénierie de projets européens au sein du SRI, pour en savoir plus !

Point COMMUN : Bonjour Sonia et Charlie, merci de répondre à l'interview Point COMMUN ! On a récemment vu passer sur les réseaux sociaux que notre université a participé à la constitution de l'alliance "EDUC". Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie ?

EDUC est l’acronyme de « European Digital UniverCity », et c’est le nom de l’alliance que nous avons formée avec 5 autres partenaires pour répondre à un gros appel à projet européen intitulé « Université européenne ».
Suite au discours sur l’Europe d’Emmanuel Macron à la Sorbonne en septembre 2017, la Commission Européenne a en effet été chargée de créer un nouvel appel à projet au sein du Programme Erasmus +, pour inciter les établissements européens d’enseignement supérieur à se constituer en alliances. Un premier appel « pilote » a été lancé en octobre 2018 au terme duquel 12 alliances seront sélectionnées pour un financement de 5 millions d’euros sur trois ans. Chaque alliance, composée de 4 à 8 partenaires, doit permettre une coopération renforcée dans le domaine de la formation, avec notamment un objectif de 50% de mobilités étudiantes, sans oublier la mobilité des personnels enseignants et administratifs ! Les trois autres grands principes de l’appel à projet sont de promouvoir l’inclusion (géographique, sociale, etc.), le multilinguisme et l’interdisciplinarité.
Cet appel à projet a déclenché une dynamique inédite dans le milieu universitaire européen. De très nombreuses universités se sont mises à discuter entre elles pour construire ces alliances. On estime que plus de 100 projets seraient en gestation en cemoment (ce qui représente au moins 600 établissements !), même si tous n’ont pas réussi à déposer leur candidature avant la clôture de l’appel à la fin du mois de février (2019) - mais la Commission Européenne a déjà annoncé que d’autres appels « université européenne » suivraient, dès octobre 2019.
Convaincus qu’il s’agissait là d’une opportunité exceptionnelle pour notre université, et encouragés par les retours positifs des collègues lors des discussions formelles et informelles menées dans différents contextes, nous aussi nous avons travaillé d’arrache-pied, avec le Service des relations internationales, pour constituer une alliance avec les universités de Potsdam (Allemagne), de Masaryk (République Tchèque), de Cagliari (Italie), de Pécs (Hongrie) et de Rennes 1.

Pourquoi avons-nous choisi de nous allier à ces 5 universités là en particulier ?
Les choses se sont construites progressivement… Nous avons d’abord identifié les partenaires européens avec lesquels nous avions les liens les plus anciens. Certains s’étaient déjà engagés ailleurs, mais l’Université de Potsdam (Allemagne), avec qui nous avons de solides doubles-diplômes en droit depuis les années 1990 ainsi que de multiples coopérations dans 
d’autres disciplines (échanges d’étudiants et d’enseignants, recherches conjointes, etc.) a très vite répondu favorablement à notre sollicitation. Autour de ce duo initial s’est finalement constitué un réseau non pas en étoile autour d’un partenaire dominant, mais au contraire un réseau équilibré dans lequel chaque partenaire entretient des liens de coopération avec au moins deux universités de l’alliance. Cette construction a vite intégré une autre université française, Rennes 1, qui, avec un profil à forte prédominance de sciences dites dures, constitue en quelque sorte notre complément disciplinaire…

Quelles sont les lignes directrices de cette alliance ? Quelles actions prévoit-elle Comment cette alliance va-t-elle se concrétiser ? Va-t-on voir prochainement des grands projets européens émerger et dont notre université fera partie ?
Les discussions ont démarré tôt et se sont poursuivies à un rythme serré pour faire émerger un projet commun où chacun se retrouve. Très vite, il est apparu que nous souhaitions construire un projet généraliste, non restreint à une thématique unique, de manière à ce que chacun puisse trouver sa place (toutes les universités de l’alliance, et tous les collègues de nos universités). Nous avons donc travaillé à construire un cadre durable au sein duquel de multiples opérations de coopération pourront se déployer, avec pour objectif central celui de la mobilité de nos étudiants, et aussi de nos personnels. Le projet repose ainsi sur quatre grands piliers. Le premier vise à poser les bases structurelles de la coopération : mettre en place une gouvernance inclusive, rapprocher nos équipes administratives et pédagogiques, établir une plateforme digitale qui permette l’accès aux informations et ressources. Les deux piliers suivants sont principalement centrés sur les étudiants. Le deuxième pose les bases de plusieurs scénarios de mobilité et d’échange, de manière à pouvoir tendre à terme vers une mobilité
 de 50% de nos étudiants : en renforçant les mobilités classiques bien sûr, mais aussi en développant les mobilités courtes, les mobilités virtuelles, et les mobilités mixtes. Le troisième s’appuie
 sur les deux premiers pour offrir à nos étudiants des dispositifs permettant l’acquisition de tout un ensemble de connaissances et de compétences profondément « européennes » : desapproches multidisciplinaires sur les grandes questions européennes, le multilinguisme avec l’apprentissage des langues de partenaires, la transdisciplinarité avec la possibilité d’acquérir des crédits dans d’autres disciplines que celle(s) de son diplôme, l’apprentissage par la recherche, l’entreprenariat, etc. Enfin, le quatrième pilier a pour objectif de projeter EDUC au-delà des six partenaires de l’alliance, en étudiant la possibilité de développer des partenariats internationaux communs, de renforcer les liens avec nos territoires respectifs, et de mettre les
 résultats de notre expérimentation collective à la disposition de toutes les universités européennes.

Vous avez participé le 19 février dernier à la signature de notre engagement dans l'alliance EDUC, comment se déroule ce type de cérémonie ? 
Contrairement à d’autres alliances, nous avions fait le choix, avec nos partenaires de EDUC, de ne pas communiquer sur notre projet en dehors de nos universités avant d’être certains que nous serions en mesure de déposer notre candidature à temps. En revanche, nous souhaitions marquer cette étape par un geste symbolique fort. Nous avons donc choisi d’organiser une rencontre de nos six présidents à Bruxelles, lieu européen symbolique s’il en est, dans les locaux de la représentation du Brandebourg (le Land auquel appartient l’université de Potsdam, la coordinatrice du projet). Ils ont ainsi pu signer simultanément les six exemplaires de la lettre d’engagement à déposer ce projet ensemble sous les crépitements des appareils photos d’un public qui rassemblait les vice-présidents aux relations internationales et les chargés de projet européens des six universités, ainsi que les représentants du Brandebourg et du CLORA à Bruxelles. Après quoi chaque président a pris la parole pour exprimer ce tout que représentait cette alliance pour son université. Bien sûr, la cérémonie s’est achevée autour d’un verre de champagne ! Nous avons ensuite diffusé cette heureuse nouvelle dans nos établissements, sur les réseaux sociaux et dans la presse spécialisée…

Merci d'avoir répondu aux questions de Point COMMUN ! Avez-vous un dernier message à faire passer à notre communauté ? Peut-on suivre l'actualité d'EDUC quelque part ?
Bien sûr, nous attendons avec impatience les résultats de cet appel à projet vers le début du mois de juillet. Mais avec nos partenaires, nous avons déjà plusieurs rencontres prévues dès avant cela pour tenter de mettre en place de premières actions même en cas d’insuccès à ce premier appel à projet. Car nous avons tous envie d’avancer dans la construction de cette alliance quoiqu’il advienne, en mobilisant d’autres financements existants. C’est le Service des relations internationales qui pilote ce projet pour notre université, c’est donc là que vous aurez toutes les informations sur la progression du projet « European Digital UniverCity ». N’hésitez pas à venir vous renseigner, à nous informer de liens que vous avez déjà développé avec ces partenaires ou que vous souhaitez créer et qui pourraient venir renforcer EDUC !



Mis à jour le 02 avril 2019